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ONU : Il faut imposer un embargo sur les ventes d’armes au Myanmar

Le Conseil de sécurité devrait agir pour empêcher les ventes d’armes qui permettent à la junte de poursuivre ses exactions

Un policier avec le doigt sur la gâchette de son fusil, photographié devant des manifestants protestant contre le coup d'État à Yangon, au Myanmar, le 19 février 2021. © 2021 AP Photo

(New York, le 24 février 2021) - Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait imposer d'urgence un embargo mondial sur la vente d’armes au Myanmar en réponse au coup d'État militaire, ont déclaré aujourd'hui 137 organisations non gouvernementales de 31 pays dans une lettre conjointe adressée aux membres du Conseil. Un tel embargo viserait à réduire le risque de nouvelles exactions commises par la junte. Les gouvernements qui autorisent actuellement les ventes d'armes au Myanmar - notamment la Chine, l'Inde, Israël, la Corée du Nord, les Philippines, la Russie et l'Ukraine - devraient immédiatement cesser de fournir des armes, des munitions et d’autres types d’équipement militaire à la junte.

Suite au coup d'État du 1er février, l'armée du Myanmar a arrêté des dirigeants civils, annulé les résultats des élections de novembre 2020, installé une junte, le Conseil d'administration d'État (State Administration Council, SAC), et imposé un état d'urgence. Au cours des dernières semaines, les forces de sécurité du Myanmar ont utilisé une force excessive et parfois meurtrière contre les nombreux manifestants. Des activistes, étudiants et fonctionnaires ont été arrêtés arbitrairement. Les autorités ont imposé des coupures d'Internet qui mettent des vies en danger.

« Face au renversement du gouvernement élu qui fait suite à des atrocités de masse contre les Rohingyas et à des crimes de guerre commis depuis des décennies, le Conseil de sécurité de l'ONU devrait imposer un embargo mondial sur la vente d’armes au Myanmar », a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch . « Tout matériel militaire vendu à la junte lui permet de commettre de nouveaux abus, et renforce sa capacité à exercer sa répression contre le peuple du Myanmar. »

L’appel conjointement lancé par les organisations fait suite à des propos du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui a exprimé son souhait de « mobiliser tous les acteurs clés et la communauté internationale, afin qu’ils exercent suffisamment de pression sur le Myanmar pour que ce coup d’État finisse par échouer ». Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l’homme au Myanmar a appelé à un embargo sur la vente d’armes à ce pays.

Le Conseil de sécurité devrait également imposer aux dirigeants de la junte des sanctions ciblées comme le gel d’avoirs et des interdictions de voyage ; de telles mesures devraient aussi cibler les entreprises détenues par l'armée.

Une manifestante face à une rangée de policiers anti-émeute à Mandalay, au Myanmar, faisait le salut à trois doigts symbolisant le mouvement pro-démocratie, le 20 février 2021. © 2021 AP Photo

La junte a déployé des forces de sécurité, y compris des divisions d'infanterie légère responsables de nombreux abus, pour réprimer les manifestations. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau, et ont tiré des balles en caoutchouc ainsi que des balles réelles, tuant au moins trois personnes.

Ces violences font suite à une longue série d’exactions commises par les forces de sécurité contre des opposants pacifiques, ainsi que contre les Rohingyas et d’autres groupes ethniques minoritaires. Le commandant en chef de l’armée, le général Min Aung Hlaing, et plusieurs responsables de la junte, seraient directement impliqués dans des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre perpétrés dans les États de Rakhine, Kachin, Shan et Chin.

Pendant des décennies, le Conseil de sécurité n’a pas pris de mesures adéquates pour répondre aux violations généralisées des droits humains et du droit international humanitaire au Myanmar. La Chine et la Russie ont à plusieurs reprises opposé leur veto à des résolutions, bloquant ainsi une action collective. Malgré ces clivages internes, les membres du Conseil ont publié une déclaration commune, le 4 février, appelant à la « libération immédiate » de tous les personnes détenues arbitrairement, et à la protection des institutions démocratiques du pays.

Communiqué complet en anglais : en ligne ici.

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