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Armes incendiaires : Appel à l'action et coût humain

Évaluation du problème

Faiblesses du Protocole III 

Le Protocole III à la Convention sur certaines armes classiques (CCAC) vise à protéger les civils des armes incendiaires, qui brûlent les personnes, les bâtiments et les infrastructures. Alors que le protocole interdit et réglemente l’utilisation de certaines armes incendiaires, deux lacunes limitent son efficacité :

  • La définition des armes incendiaires du Protocole III exclut la plupart des munitions polyvalentes. La définition n’englobe pas les munitions telles que le phosphore blanc qui sont « essentiellement conçues » pour créer des écrans de fumée ou signaler des troupes, mais qui ont les mêmes effets incendiaires cruels.
  • Le Protocole III interdit l’utilisation d’armes lancées par aéronef sur des concentrations de civils, mais la disposition sur les armes incendiaires lancées depuis le sol comprend certaines réserves. Cette distinction arbitraire ne tient pas compte du fait que les armes incendiaires provoquent des brûlures atroces et des incendies destructeurs, quel que soit le système de lancement.
Mesures pour renforcer les protections

Les États parties à la CCAC devraient : 

  • convenir d’inclure le Protocole III à l’ordre du jour de la sixième Conférence d’examen de la CCAC en 2021 ;
  • exprimer leurs points de vue sur l’adéquation du Protocole III lors de la prochaine réunion de la CCAC et lors des procédures écrites intermédiaires ;
  • condamner l’utilisation des armes incendiaires et sensibiliser au préjudice qu’elles causent ; et
  • combler les lacunes du Protocole III et stigmatiser davantage l’utilisation des armes incendiaires. Une interdiction totale de ces armes aurait un bénéfice maximal sur le plan humanitaire.
Utilisation des armes incendiaires

Au cours des quinze dernieres annees, Human Rights Watch a documenté l’utilisation d’armes incendiaires en Afghanistan, à Gaza, en Irak, en Syrie, en Ukraine et au Yémen. 

Positions des États

Vingt-trois États, ainsi que l'Union européenne et le CICR, ont fait part de leurs préoccupations au sujet des armes incendiaires après la Cinquième Conférence d'examen de la CCAC en 2016. Un tableau récapitulant leurs positions figure dans le PDF.

Le coût humain des armes incendiaires

« Avec ce type d’armes, il faut qu’il y ait un contrôle, quel qu’il soit. Absolument, j’en suis à 100 % convaincue. Ces armes sont inacceptables. » - Christine Collins, ex-infirmière de la Force aérienne américaine (US Air Force) qui a soigné une fille afghane brûlée en 2009 lors d’une attaque au phosphore blanc

Effets immédiats
  • Brûlures étendues et insupportables qui nécessitent des traitements douloureux. Le phosphore blanc provoque des brûlures particulièrement profondes et peut se renflammer lors du retrait des bandages.
  • Problèmes respiratoires dus à l’inflammation des voies aériennes et aux fumées toxiques
  • Infection, déshydratation extrême et défaillance des organes
  • Traumatisme psychologique lié aux blessures et au traitement

« Tout a pris feu. Mon mari et quatre de mes enfants ont été brûlés vifs sous mes yeux ; mon bébé, ma fille unique, a été calcinée dans mes bras. Comment se peut-il qu’une mère doive voir ses enfants brûler vifs ? Je n’ai pas pu les sauver. Je n’ai rien pu faire pour eux. » - Sabah Abu Halima, survivante d’une attaque au phosphore blanc en 2009 à Gaza

Effets nocifs à long terme
  • Douleur chronique intense
  • Cicatrices importantes et perte de mobilité
  • Hypersensibilité à la température, sécheresse excessive de la peau et terminaisons nerveuses détruites
  • Lésion cérébrale causée par un état de choc ou une hypoxie
  • Retard de croissance chez les enfants
  • État de stress post-traumatique, anxiété et dépression
  • Isolement de la société et incapacité à travailler
  • Nécessité de traitements physiques et psychologiques à vie

« Le plus difficile, c’est que mon petit neveu a peur de s’approcher de moi et mon autre neveu, qui venait toujours dans mes bras, a maintenant peur de jouer avec moi. Quand je marche dans la rue, on m’arrête et on me demande : Qu’est-ce qu’il vous est arrivé ?” » - Muhammed Assi, survivant d’une attaque en 2013 contre une école d’Urum al-Kubra, en Syrie

Défis liés aux traitements
  • Difficulté de prise en charge des brûlures, exacerbée lors des conflits armés
  • Fournitures et matériel non adéquats
  • Pénurie de personnel médical et de spécialistes des brûlures
  • Connaissances insuffisantes sur la façon de traiter les blessures par armes incendiaires
  • Peu d’ambulances professionnelles pour les transferts vers de meilleurs établissements
  • Discontinuité des soins de longue durée
  • Aucune priorité accordée au soutien psychologique
  • Traumatisme causé au personnel médical

« Les armes incendiaires provoquent de graves invalidités à long terme et le système médical [dans une zone de conflit] n’est pas équipé pour y faire face... [Les survivants] vivent avec un handicap plus important que les victimes de brûlures dans d’autres lieux. » - Dr. Rola Hallam, médecin britannique qui a soigné des victimes d’armes incendiaires en Syrie en 2013

Autres ressources de Human Rights Watch et de Harvard Law School's International Human Rights Clinic 

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